Liste des commentaires
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Alors que le monde s'éteint
Martine C le Lundi 04-05-2026
Le livre nous plonge dans l’Italie de la Seconde Guerre mondiale. L’Italie sombre sous l’occupation nazie et les lois raciales. Deux meilleures amies, Lili et Esti, voient leurs vies basculer. Pour sauver son fils Théo, Esti prend la décision la plus déchirante de sa vie : lui confier son fils. Lili accepte cette mission sacrée. Avec Théo, Lili doit fuir à travers l’Italie dévastée par la guerre, se faisant passer pour la mère de l’enfant. Main dans la main, ils traversent le pays, affrontent la peur, la faim. Le roman explore magnifiquement le lien qui se tisse entre Lili et l’enfant, et met en avant le rôle vital des civils et des résistants italiens qui ont risqué leur vie pour en protéger d’autres. La puissance d’une promesse faite à sa meilleure amie est le fil conducteur du livre, même au milieu de la pire noirceur, il suffit d’un acte de bonté, une promesse tenue pour garder son humanité.
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La dernière chanson d'amour
Martine C le Samedi 21-03-2026
Ce roman est bouleversant, il s’adresse au cœur. C’est un hommage à l’amour qui ne meurt jamais, porté par le chant de Conor qui résonne longtemps après avoir refermé le livre.
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Tarentule ( Prix Medicis étranger 2024 )
Danièle M le Jeudi 02-04-2026
La 4° de couverture reprend, hélas, l’essentiel du texte de Halfon. En effet Eduardo et son frère, récemment installés en Floride, mais d’origine guatémaltèque, 13 et 12 ans, sont envoyés par leurs parents en camp d’été sur l’Altiplano, comme un retour sur leur terre d’origine. On peut penser spontanément à un camp évoquant une sorte de colonie de vacances ou un camp de scouts. Or la réalité sera tout autre. Camp de survie pour une douzaine d’enfants juifs, sous la férule d’un chef, en particulier, Samuel.
L’écrivain, qui partage désormais sa vie entre Berlin et Paris, sous une plume autobiographique, évoque dans une suite d’aller et retour passé-présent des souvenirs familiaux : grand-père polonais mort à Auschwitz, exil des parents dans les années 80 dû au chaos politique au Guatemala. Mais aussi brutalité verbale et physique quasiment militaires subies durant ce séjour, étoile jaune, tarentule ou plutôt svastika tatoué sur le bras de l’encadrant, fascination pour son Luger, présence d’une fille téméraire, Regina, aujourd’hui avocate qu’il retrouve dans la capitale. Sa fuite, de nuit, au hasard de la forêt, et l’accueil quasi maternel dans une maison perdue.
Eduardo Halfon, au mitan de sa vie, ne réussit toujours pas à répondre à ces questions qui le taraudent. La décision de son père d’envoyer ses enfants pour quelques jours dans une forêt vierge, l’humiliation infligée sous le pur prétexte de la religion par des agents les plus radicaux du Bita’hon (service secret de sécurité et de renseignement des communautés juives) p. 136.
Réussira-t-il à s’expliquer enfin les motivations de ce traumatisme en retrouvant Regina et Samuel Blum ?
Si les ouvrages sur la persécution du peuple juif depuis ses origines, la Shoah, le sionisme, sont innombrables, ce témoignage s’en distingue par une forme d’ex-temporalité et d’arbitraire de l’initiative parentale qui revient sans cesse au cours d’une vie avec ses fantômes.
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La Maison des silences
Danièle M le Samedi 28-03-2026
Carrisi reprend pour la 4° fois son personnage fétiche « l’endormeur d’enfants », ou plus exactement le minutieux travail de Pietro Gerber, l’hypnotérapeute, ou pédohypnotérapeute, pourrait-on dire.
La thématique est attrayante et prometteuse. Si l’environnement de l’officiant ne change pas, son patient Matias, garçon de 9 ans au sommeil chaotique interrompu quotidiennement par des hurlements évoquant un mystérieux cauchemar, appâte nécessairement le lecteur. Ivo et Susana Craveri, les parents, en éducateurs aimants, attentifs, scrupuleux mais néanmoins impuissants à apaiser, ne trouvent d’autre alternative qu’une consultation auprès de l’incontournable P. Gerber. Lequel accepte immédiatement d’investiguer, allant jusqu’à assister à l’endormissement journalier de l’enfant jusqu’au réveil intempestif et à un interrogatoire sur les visions toujours plus précises de l’enfant.
Affleure alors une dame silencieuse, une dame à la robe noire, des maisons jaunes ou délabrées voire hantées, la ressource de l‘illustre hypnotiseuse Erica De Roti ayant pratiqué en Zambie, l’ancien maître Zaccaria Archer, mais surtout des vieux démons personnels en la personne de son propre père dont il a pris le relai et dont il occupe le cabinet attenant à la pièce toujours murée où celui-ci officiait.
Hallucinations oniriques, esprit labyrinthique d’un enfant qui semble jouer avec les interrogations du soignant, explications savantes d’une profession fascinante, Carrisi amène le lecteur progressivement sur la piste d’un crime irrésolu. Mais depuis La Maison des voix, et La Maison des lumières, peut-être Carrisi jongle-t-il de façon trop redondante avec la crédulité et l’adhésion du lecteur. A force de paranormal et de surnaturel récurrents, l’intrigue ne perd-t-elle pas de son imprévisibilité ?
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Le Rêve de Frieda
Martine C le Mardi 07-04-2026
Quatre femmes, la mère et ses trois filles, tentent de s’en sortir seules en tenant ensemble la petite épicerie locale qui est le véritable poumon social du village. Ce livre dépeint la condition féminine des années 1920 en Allemagne ; on suit le combat de Frieda, une des 3 filles de l’épicerie, pour son émancipation tiraillée entre son amour pour sa famille et son rêve de devenir artiste et de rejoindre la prestigieuse école d’art dramatique de Francfort.
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Thésée, sa vie nouvelle
Danièle M le Samedi 25-04-2026
Livre immédiatement et explosivement surprenant d’Alexis Mital, écrivain sous l’alias d’un patronyme à particule évoquant certains de ses ascendants.
Surprenant par la mise en page et donc la forme qui s’apparente à de l’expérimentation littéraire entremêlée de rushes photographiques et d’extraits de lettres.
Et le fond, entre évocation d’un mythe grec et histoire mâtinée de poésie des "Mémoires d’outre-tombe" d’un certain mémorialiste malouin F. R. de Châteaubriand.
L’écrivain, fortement touché par le suicide de son frère Jérôme, plonge dès les premières lignes le lecteur dans les affres détaillées de ce drame personnel, pour lui faire traverser de 1914 à aujourd’hui l’histoire héroïque souvent, mais dramatique aussi, de ses aïeux.
Pour s’éloigner, estomper, ou en guise de thérapie personnelle, il se propose de partir en train avec ses enfants en leur contant malgré tout son histoire générationnelle.
En littérature, l’immersion dans les mystères d’une famille, ses non-dits, le poids de fatum, de l’hérédité, ne manquent pas mais, dans ce cas précis de "Thésée, sa vie nouvelle", celle-ci peut-elle l’être vraiment ? L’auteur croit-il trouver l’issue du labyrinthe par l’écriture de cette biographie, exigeante certes, circonstanciée à la manière d’une quête archéologique, mais qui ne laisse transpirer ni le sensible, ni l’émotion, ni le naturel humain tout simplement.
Partagées entre anthropologie historique et psycho généalogie, ses pages offrent un parfait exercice littéraire mais parviennent-elles vraiment à convaincre sur le souffle nouveau que l’auteur veut donner à sa vie et à sa progéniture, à élargir sa réflexion sur le sort de l’humanité à travers la connaissance puis l’oubli ?
Ou ne reste-t-il pas prisonnier par formation didactique, par génogramme familial ou convention sociale, de sa propre classe ?
N’oublions pas que si Thésée fuit pour éviter son destin maudit, il ne peut nullement y échapper, pas plus qu’Œdipe ou les Atrides, les Parques ayant présidé irrémédiablement au sort de chacun.
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Ils appellent ça l'amour
Danièle M le Samedi 28-03-2026
La protagoniste Clothilde Mélisse prend l’occasion d’un week-end entre amies, Bérangère, Judith, Hermeline, Jasmine, dans une ville anonyme pour le lecteur mais qui fait remonter en elle des souvenirs peu amènes jusqu’à l’avoir sérieusement perturbée. Chacune d’elle est caractérisée, voire disséquée socialement, intellectuellement, et surtout dans son rapport aux hommes. De la quinqua directrice bancaire à la journaliste quinqua également, mariée, un enfant, à la militante trentenaire intersectionnelle, à la saphique qui attend un garçon, jusqu’à elle-même, quinqua désormais, écrivaine autrice de « Le vagissement du minuteur, roman autofictif en alexandrins » ! p. 46, Clothilde s’épanche douloureusement sur une période relationnelle de plus de vingt ans que rien depuis n’a réussi vraisemblablement à effacer.
Le ressentiment, la colère, l’hésitation, sont le fil conducteur d’un rapport Monsieur (sans le nommer précisément) - Madame, comme elle aime à le répéter, repoussant cette relation toxique avec un ainé de 18 ans, manipulateur, dominateur, destructeur.
En avouant ses blessures, elle reconnaît inconsciemment ou pas l’effet de séduction, sa naïveté peut-être, sa fragilité et la honte ressentie, qui la pousse à banaliser et à dénoncer tous les hommes comme prédateurs invétérés en quête seulement de leur propre plaisir.
L’écriture est efficace, tranchante, étayée, riche de métaphores éclairantes, sur fond d’extraits de chansons des années 80, mais au final seul bouclier défensif actuel contre cette plaie qui ne se referme pas.
Les invectives MeToo, l’écriture inclusive, la libération de la parole, le j’accuse féministe, la sororité, tout y est exploité pour faire changer le regard de l’homme et surtout son comportement masculiniste.
Plume jubilatoire, récit cathartique, ou petit traité de misandrie ? Chaque lecteur.trice avisera.
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Komodo
Danièle M le Mercredi 22-04-2026
Roman à plusieurs entrées sur fond de dépaysement puisque le lecteur passe de la Californie à l’île de Komodo en Indonésie.
Trois personnages principaux, même si les très proches sont tout aussi essentiels. Composant le triangle : Tracy, la protagoniste, Roy, son frère et leur mère.
Tracy vit une période conflictuelle avec Lautaro senior, son époux, et leurs jumeaux, Lautaro junior et Lucca qui a toujours faim ! Études brillantes pour un travail plutôt terne.
Roy, marié et divorcé d’Audrey, que Tracy admirait, à la vie chaotique et qui cherche à décrocher un titre de divemaster en plongée dans l’un des plus beaux spots d’Indonésie.
Et leur mère, « veuve méritée » d’après ses enfants, à la fois amie, mère et arbitre d’une progéniture animée par la jalousie, l’irascibilité, le conflit permanent.
En bref, une personnalité irréductible dirige leur vie depuis toujours : Tracy.
Le récit de ce voyage, l’environnement choisi plutôt idyllique, et la tournure périlleuse de ce qui aurait dû se présenter comme des vacances, est sans arrêt sur le fil d’une catastrophe annoncée.
La plongée subaquatique, qui transporte le lecteur dans un aquarium de rêve à la faune exceptionnelle, s’inscrit finalement comme la métaphore d’une immersion dans les fantômes familiaux du passé. Rien ne peut s’effacer dans l’esprit tourmenté et sombre de Tracy.
Amertume, dépit, jalousie, frustration sont et demeurent les moteurs de son existence.
L’image dégradée du père, le sentiment d’iniquité dans l’éducation et l’amour maternel, un époux qui trouve refuge dans le travail et plus, bon père par ailleurs, la hantent inlassablement au point de l’amener au désir de tuer. Seul le passage à l’acte pourra la libérer, du moins le pense-t-elle.
Après Sukkan Island et l’histoire d’un père qui entraîne son fils dans un voyage initiatique obscur au sud de l’Alaska, ce récit, de la même façon mais en Océanie, nous transporte certes dans des contrées lointaines fascinantes mais surtout dans la vie de David Vann lui-même, ses vicissitudes familiales avec la mort prématurée du père et l’âme voyageuse qui l’anime, peut-être aussi pour échapper à un destin.
L’écriture est précise, brutale parfois, dialoguée souvent mais sa connaissance fine et sensible de l’humain est indéniable.
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L'Eté où tout a commencé
Danièle M le Vendredi 08-05-2026
Avec ce roman, Arenz nous plonge dans un monde de mélancolie adolescente, à travers son jeune héros Friedrich Büchner, et d’atmosphère nostalgique d’une Allemagne surannée, toujours marquée par les affres de la guerre.
Récit familial, d’amitié avec Alma et Johann, d’amour avec Beate.
Friedrich doit se présenter en septembre au rattrapage pour valider une année scolaire très médiocre et, comme pour le punir, ses parents partent en vacances avec le reste des enfants sauf Alma, l’aînée, qui travaillera ponctuellement.
De mauvaise grâce, et craintif aussi, il passera l’été chez les grands-parents maternels. L’appréhension est suscitée essentiellement par Walter, le grand-père qu’il vouvoie encore. L’approche avec Nana, la grand-mère s’avérant douce et empathique, l’acclimatera à cette nouvelle vie provisoire.
Ce séjour révèlera à la fois un monde de découvertes et s’affirmera comme un rite initiatique pour lui.
Walter, médecin chercheur, endossera le rôle du père, de l’enseignant également, en l’employant au laboratoire de l’hôpital. Friedrich s’intéressera ainsi à la recherche médicale poussée par la guerre avec le typhus, l’importance de l’hygiène, le travail de fourmi des chercheurs. Plus qu’absorbé par la révision des mathématiques, que Walter veut bien superviser, sa curiosité le plongera dans les cahiers secrets de Nana, ce qu’elle n’appréciera pas. Et de là affleureront les secrets de famille.
D’autres découvertes s’ajouteront : la perception de la nature qui éveille des sensations, l’eau, la forêt mais surtout la complicité avec Alma, les interdits transgressés dans les jeux par exemple, l’amitié avec Johann, adolescent privilégié et pourtant tellement fragile et surtout la rencontre coup de foudre avec Beate.
Arenz, d’une plume délicate et légère dans l’art de décrire les émotions, les sentiments, la non expérience, les maladresses qu’elle provoque, nous fait pénétrer dans la psyché de chacun de ses protagonistes, non sans humour souvent.
Certes le contexte historique et éducatif a bien changé aujourd’hui, mais le vécu profond de l’adolescence est-il si différent ?
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La Ballerine d'Auschwitz
Martine C le Samedi 14-03-2026
Ce livre n’est pas une fiction légère, mais un témoignage bouleversant et un traité de psychologie d’une rare puissance. Ce livre décrit l’horreur des camps avec une précision glaçante mais sans jamais tomber dans le voyeurisme gratuit. Le message central de ce livre est résumé par une idée : nous ne pouvons pas choisir ce qui nous arrive, mais nous pouvons choisir comment nous réagissons. L’auteur transforme son traumatisme en un outil thérapeutique pour aider les autres, en montrant que la liberté est un état d’esprit.
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