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couverture de : Thésée, sa vie nouvelle
Résumé : Fuyant le souvenir des siens, Thésée quitte sa ville de l'Ouest en embarquant dans le dernier train de nuit vers l'Est avec ses enfants. Il pense aller vers la lumière mais quelque chose qu'il ignore encore semble le poursuivre.
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Livre immédiatement et explosivement surprenant d’Alexis Mital, écrivain sous l’alias d’un patronyme à particule évoquant certains de ses ascendants. Surprenant par la mise en page et donc la forme qui s’apparente à de l’expérimentation littéraire entremêlée de rushes photographiques et d’extraits de lettres. Et le fond, entre évocation d’un mythe grec et histoire mâtinée de poésie des "Mémoires d’outre-tombe" d’un certain mémorialiste malouin F. R. de Châteaubriand. L’écrivain, fortement touché par le suicide de son frère Jérôme, plonge dès les premières lignes le lecteur dans les affres détaillées de ce drame personnel, pour lui faire traverser de 1914 à aujourd’hui l’histoire héroïque souvent, mais dramatique aussi, de ses aïeux. Pour s’éloigner, estomper, ou en guise de thérapie personnelle, il se propose de partir en train avec ses enfants en leur contant malgré tout son histoire générationnelle. En littérature, l’immersion dans les mystères d’une famille, ses non-dits, le poids de fatum, de l’hérédité, ne manquent pas mais, dans ce cas précis de "Thésée, sa vie nouvelle", celle-ci peut-elle l’être vraiment ? L’auteur croit-il trouver l’issue du labyrinthe par l’écriture de cette biographie, exigeante certes, circonstanciée à la manière d’une quête archéologique, mais qui ne laisse transpirer ni le sensible, ni l’émotion, ni le naturel humain tout simplement. Partagées entre anthropologie historique et psycho généalogie, ses pages offrent un parfait exercice littéraire mais parviennent-elles vraiment à convaincre sur le souffle nouveau que l’auteur veut donner à sa vie et à sa progéniture, à élargir sa réflexion sur le sort de l’humanité à travers la connaissance puis l’oubli ? Ou ne reste-t-il pas prisonnier par formation didactique, par génogramme familial ou convention sociale, de sa propre classe ? N’oublions pas que si Thésée fuit pour éviter son destin maudit, il ne peut nullement y échapper, pas plus qu’Œdipe ou les Atrides, les Parques ayant présidé irrémédiablement au sort de chacun.
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