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couverture de : Ils appellent ça l'amour
Résumé : Les amies de Clotilde ont organisé une escapade de trois jours dans une ville qu'elle ne pensait plus jamais revoir. Il y a vingt ans, elle y a vécu avec un homme qui l'a complétement assujetti. Clotilde n'en a jamais parlé, trop honteuse de ce passé. Mais pour se débarrasser de ce douloureux souvenir, la meilleure solution est de le partager.
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La protagoniste Clothilde Mélisse prend l’occasion d’un week-end entre amies, Bérangère, Judith, Hermeline, Jasmine, dans une ville anonyme pour le lecteur mais qui fait remonter en elle des souvenirs peu amènes jusqu’à l’avoir sérieusement perturbée. Chacune d’elle est caractérisée, voire disséquée socialement, intellectuellement, et surtout dans son rapport aux hommes. De la quinqua directrice bancaire à la journaliste quinqua également, mariée, un enfant, à la militante trentenaire intersectionnelle, à la saphique qui attend un garçon, jusqu’à elle-même, quinqua désormais, écrivaine autrice de « Le vagissement du minuteur, roman autofictif en alexandrins » ! p. 46, Clothilde s’épanche douloureusement sur une période relationnelle de plus de vingt ans que rien depuis n’a réussi vraisemblablement à effacer. Le ressentiment, la colère, l’hésitation, sont le fil conducteur d’un rapport Monsieur (sans le nommer précisément) - Madame, comme elle aime à le répéter, repoussant cette relation toxique avec un ainé de 18 ans, manipulateur, dominateur, destructeur. En avouant ses blessures, elle reconnaît inconsciemment ou pas l’effet de séduction, sa naïveté peut-être, sa fragilité et la honte ressentie, qui la pousse à banaliser et à dénoncer tous les hommes comme prédateurs invétérés en quête seulement de leur propre plaisir. L’écriture est efficace, tranchante, étayée, riche de métaphores éclairantes, sur fond d’extraits de chansons des années 80, mais au final seul bouclier défensif actuel contre cette plaie qui ne se referme pas. Les invectives MeToo, l’écriture inclusive, la libération de la parole, le j’accuse féministe, la sororité, tout y est exploité pour faire changer le regard de l’homme et surtout son comportement masculiniste. Plume jubilatoire, récit cathartique, ou petit traité de misandrie ? Chaque lecteur.trice avisera.
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