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couverture de : Tarentule ( Prix Medicis  étranger 2024 )
Résumé :
En 1984, deux jeunes frères exilés aux États-Unis retournent au Guatemala, au cœur de la forêt de l'Altiplano, participer à un camp de survie pour enfants juifs où les envoient leurs parents afin qu'ils n'oublient pas leurs racines. Mais un matin, les enfants, réveillés par des cris, découvrent que le camp s'est transformé en une chose bien plus sombre.
Les raisons et les ramifications de cet épisode de l'enfance du narrateur ne commenceront à s'éclaircir que des années plus tard au fil de rencontres fortuites - à Paris avec une lectrice de Salinger devenue avocate, ou à Berlin avec un ancien instructeur en chef du camp, aux? yeux d'un bleu changeant, qui se promenait avec un serpent dans la poche et une énorme tarentule sur le bras.
Entrelaçant passé et présent, réalité et fiction, Eduardo Halfon tisse un récit foisonnant de symboles pour toucher du doigt les fondements de son identité : le cadre strict? et rigoureux de la religion juive et le giron enveloppant et maternel du Guatemala.
Prix Médicis étranger 2024.
4
La 4° de couverture reprend, hélas, l’essentiel du texte de Halfon. En effet Eduardo et son frère, récemment installés en Floride, mais d’origine guatémaltèque, 13 et 12 ans, sont envoyés par leurs parents en camp d’été sur l’Altiplano, comme un retour sur leur terre d’origine. On peut penser spontanément à un camp évoquant une sorte de colonie de vacances ou un camp de scouts. Or la réalité sera tout autre. Camp de survie pour une douzaine d’enfants juifs, sous la férule d’un chef, en particulier, Samuel. L’écrivain, qui partage désormais sa vie entre Berlin et Paris, sous une plume autobiographique, évoque dans une suite d’aller et retour passé-présent des souvenirs familiaux : grand-père polonais mort à Auschwitz, exil des parents dans les années 80 dû au chaos politique au Guatemala. Mais aussi brutalité verbale et physique quasiment militaires subies durant ce séjour, étoile jaune, tarentule ou plutôt svastika tatoué sur le bras de l’encadrant, fascination pour son Luger, présence d’une fille téméraire, Regina, aujourd’hui avocate qu’il retrouve dans la capitale. Sa fuite, de nuit, au hasard de la forêt, et l’accueil quasi maternel dans une maison perdue. Eduardo Halfon, au mitan de sa vie, ne réussit toujours pas à répondre à ces questions qui le taraudent. La décision de son père d’envoyer ses enfants pour quelques jours dans une forêt vierge, l’humiliation infligée sous le pur prétexte de la religion par des agents les plus radicaux du Bita’hon (service secret de sécurité et de renseignement des communautés juives) p. 136. Réussira-t-il à s’expliquer enfin les motivations de ce traumatisme en retrouvant Regina et Samuel Blum ? Si les ouvrages sur la persécution du peuple juif depuis ses origines, la Shoah, le sionisme, sont innombrables, ce témoignage s’en distingue par une forme d’ex-temporalité et d’arbitraire de l’initiative parentale qui revient sans cesse au cours d’une vie avec ses fantômes.
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