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Des gens sensibles
Danièle M le Mercredi 09-07-2025
À travers ses romans, E. Fottorino, nous a fait partager ses émois, ses interrogations, ses secrets, ses passions, ses expériences. Avec ce livre l'intimité demeure la sienne, familiale, bien sûr, mais amicale et professionnelle à ses débuts. Jean Foscolani nous plonge dans le monde de l'édition des années 90 de la capitale. Un milieu que l'on sait complexe, hermétique, intrigant, impitoyable surtout lorsqu'on est néo-écrivain. En proie aux tendances pas seulement culturelles mais aussi économiques, politiques, sociétales et où un chargé d'édition fait souvent loi.
Eric évoque justement avec délectation, humilité aussi et doute, cette course à la publication incarnée par le personnage virevoltant de Clara, jeune femme parfaitement libre, avide de mondanités, obstinée dans ses choix.
Et avec elle, apparaissent d'autres personnages tel Saïd,ravagé par le drame de la perte de son enfant et menacé par ses frères religieux radicaux, des kabyles honnis, des congolais, écrivains, chanteurs...
L'on croise aussi Le Clézio, Sarraute. Sartre et De Beauvoir complètent le décor.
Néanmoins, Fottorino assume dans ce récit une fois encore, son incapacité à se détacher de ses propres origines que sa mère hésite à lui dévoiler. Et alors surgissent les événements d'Algérie, Ben Barka et Jo Attia, l'escroc parisien, notoire des années 60.
Et la réalité prime sur le souvenir. Clara pourrait être Chantal Lapicque, attachée de presse chez Stock et Saïd, l'écorché vif, Rachid Mimouni, l'écrivain algérien censuré, en ombre de Boualem Sansal.
On y mesure la course effrénée à l'édition, les salons littéraires, l'amour arrosé de champagne, le microcosme parisien qui fait la réputation et le succès mais aussi l'écriture comme pouvoir de réflexion, de construction de soi, d'éducation et de liberté parfois au péril de sa vie.
L'enthousiasme tourbillonnant sème cependant la redondance dans un récit pas toujours maîtrisé. Mais ne sommes-nous pas plongés dans le roman "Des gens sensibles" ?
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Conclave
Danièle M le Vendredi 18-07-2025
Le lecteur qui aura précédemment vu le film et suivi l'élection du nouveau Papa Léon XIV en mai dernier, retrouvera bien le fondement de ce cérémonial chrétien exceptionnel dans le roman de Robert Harris écrit en 2016.
La fiction devient ainsi réalité au plus près.
L'écrivain anglais, homme de média, réalisateur, éditorialiste politique passionné d'Histoire nous plonge avec Conclave, dans l'intimité de cette assemblée éminente de 117 cardinaux, plus un ajouté par le Saint-Père précédent. Tous les continents y sont représentés.
Le lecteur marche avec curiosité, appréhension et impatience dans les pas du rigoriste Cardinal Lomeli, chargé de diriger la redoutable élection jusqu'à la fumée blanche tant attendue par le monde entier, au-delà de l'ineffable Place St. Pierre, de la Basilique homonyme, de la Résidence Ste. Marthe où sont logés ses pairs et la Chapelle Sixtine où ils sont reclus afin d'éviter toute fuite.
L’œuvre est répartie en 19 chapitres correspondants à chaque journée d'élection, doublée de rebondissements concernant la plupart des membres honorables de cette assemblée.
Le lecteur y découvre les règles officielles, ancestrales et drastiques d'un monde mystérieux.
Des candidats honorables, chacun avec une personnalité différente, humaine, populaire ou ambitieuse, intrigante, rouée.
L'évolution du nombre de voix en fonction de secrets dévoilés incidemment sur chacun.
La méfiance qui s'installe jusqu'à faire durer le scrutin huit jours alors que l'unanimité pour Léon XIV s'est affirmée en deux seulement.
Pour corser l'intrigue, R. Harris entoure ce monde mystérieux d'une réalité politico-culturelle terroriste bien présente avec l'explosion de bombes visiblement dirigées.
La fameuse formule "Habemus Papam" surprend certes, déconcerte jusqu'à méduser peut-être un certain lecteur à mille lieux d'imaginer une telle issue.
Harris a-t-il cédé aux sirènes d'une évolution sociétale montante ? A-t-il suggéré une cheminement dogmatique futur ? Ou a-t-il succombé à l'humain plutôt qu'au divin ? À chaque lecteur d'imaginer.
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Le Réveil
Danièle M le Lundi 13-10-2025
Gounelle nous entraîne ici à travers sa fiction apocalyptique dans la vision d'une société disruptive, totalement en proie aux décisions plus ou moins avérées et contraignantes de manipulateurs tout puissants tels la politique et les grands groupes, à travers les annonces, la propagande et la publicité.
Son livre entre traité et essai, certainement pas roman, bien qu'animé par l’échange de deux personnages, Tom, jeune ingénieur, le -je- narrateur et son ami étudiant grec Christos, tente de faire ouvrir les yeux de tout citoyen sur la façon dont sa propre vie est dirigée en fonction de son statut social, des événements, de l’économie, etc. La Grèce, avec les réflexions inquiètes quasi quotidiennes de Christos, n’a pas été choisie au hasard, puisque berceau de la démocratie. Quant aux États-Unis des années 20, avec l’Agence d’Edward Bernays au service des multinationales et leur lobbying, ils seront à l’origine de l’impact sur la manipulation de l’opinion publique dans tous les domaines et à très large échelle. La CIA, bien sûr, l’Allemagne nazie, les différents conflits mais aussi la consommation, la technologie galopante, la déshumanisation, la mondialisation à l’Ouest comme à l’Est ou en Europe, finissent par "cristalliser l’opinion publique" et "fabriquer le consentement".
Goubelle cite alors le linguiste américain Noam Chomsky : "La manipulation est aux démocraties ce que la matraque est aux régimes totalitaires". Ainsi, les démocraties sous le poids de masses financières énormes, leur gouvernement, les intellectuels vont, par le biais d’obligations de réussites économiques de leur pays, chercher à atomiser le libre-arbitre de chacun et à le formater.
Et en listant sur plusieurs chapitres de nombreuses contraintes réelles car vécues, peut-être sous le prétexte du risque zéro insufflé par nos États, l’auteur nous rappelle certaines situations liberticides : la Covid, le port obligatoire du masque (ici de la minerve), l’achat contraint de voitures désormais autonomes pour sauver la planète, les nouvelles énergies et particulièrement les éoliennes, la cigarette, la consommation excessive de sucre désormais surtaxé, qui provoque le diabète, les aliments possibles et ceux qu’il faut éviter, le chocolat par exemple, etc. Sans oublier l’opium du peuple avec l’impact des médias, d’une information à tout prix, du cinéma, des jeux vidéo violents. Il rappelle alors cette autre citation éclairante et peu engageante de Chomsky : "Le monde ne récompense pas l’honnêteté et l’indépendance, il récompense l’obéissance et la servilité."
L’écriture de ce livre n’est-elle pas osée, risquée même pour lui ? Toutefois il faut noter que toute civilisation meurt et que la nature est plus forte. Et surtout, conscient de son "imprudence", il va la prochaine fois "créer des histoires positives qui contribuent à allumer des petites bougies".
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L'héritage d'Esméralda
Martine C le Vendredi 18-07-2025
Fresque familiale qui explore les thèmes du deuil, des choix de vie, des secrets de famille et de l’importance des racines.
Cet ouvrage nous offre un voyage immersif à travers le temps et l’espace, avec des descriptions vibrantes de La Havane et une intrigue pleine de rebondissements.
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Aveu de tendresse
Danièle M le Dimanche 16-11-2025
Le résumé ci-dessus éclaire approximativement le lecteur sur l’action et les personnages principaux du récit, hormis Jacques, la victime, Zelima au portrait peu flatteur et la mère de Samuel, peu maternelle.
En fait, les 244 pages sont pratiquement toutes consacrées à l’interrogatoire du suspect par la Commissaire Delair. Interrogatoire prolixe, brodé, oiseux entre café et biscuits pour motiver la patience improbable de l’officier de police.
Avec ces protagonistes sans relief, infortunés certes mais atones, comment dynamiser la trame ? En réalité tous sont victimes de la vie.
Est-ce de la part de C. Cayrel le prétexte pour les sauver que d’imaginer Betty comme animal domestique, les m3 d’eau considérables d’aquariums meublant l’entièreté de l’appartement, ou l’ébauche d’une amitié ou encore la démarche de ménager le suspense par une mort suspecte ?
Le texte aurait pu se rapprocher du conte, avec une quête, des épreuves à surmonter, un héros, une morale, mais non, seule la velléité s’installe et perdure.
La forme n’a rien à envier au fond dans l’absurde, le grotesque, l’ingénuité jusqu’à l’invraisemblable. Quant à la tendresse du titre, ne se limite-t-elle pas à l’anthropomorphisme de Samuel pour son Carassin doré ? La recherche d’originalité laisse parfois perplexe et c’est un euphémisme.
Martine C le Jeudi 18-09-2025
Roman à la fois drôle, absurde et profondément touchant. Il met en lumière la beauté de l’humanité dans ses aspects les plus fragiles et comment des évènements banals peuvent faire basculer une vie.
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Sans soleil - tome 1 - Disco inferno
Danièle M le Mercredi 05-11-2025
Les protagonistes ne se résument évidemment pas à ce rébus de la 4° de couverture, même s’ils en sont le départ.
Années 80. Ségur, le médecin baroudeur qui se stabilise à Paris, va se trouver confronté à une épidémie brutale et destructrice, à cette maladie immunodépressive qui dévaste les milieux underground et particulièrement homosexuels. Le voilà perplexe et abattu devant la déchéance spectaculaire des corps, la toux, l’épiderme tavelé, la fatigue insurmontable. Son implication humaine devant la propagation exponentielle de cette faucheuse sera secondée par un policier au passé bosselé, atypique mais obstiné dans sa quête de vérité, Swift. L’élément déclencheur sera la mort barbare d’un jeune chilien, Federico Garzon, qui, parallèlement à sa scolarité en lycée, offre ses charmes pour en vivre.
L’unique personnage féminin est incarné par Heidi, élève de Terminale, étrangère elle aussi, au lourd passé-présent familial, devenue son amie inconditionnelle, son ombre. Malicieuse, intrépide, rebelle, bourrue souvent, elle assistera, entre mère agonisante, bac, turpitudes du quotidien, Swift dans son enquête sur le bourreau de Federico.
Et c’est sur ces chemins glauques et équivoques que Grangé entraîne le lecteur profane à une vitesse qui n’a d’égale que l’acharnement du policier, c’est-à-dire dans un vortex incommensurable de dépravation humaine, de lieux sordides depuis Paris jusqu’au Cap d’Agde tels de nouvelles Babylone. D’innombrables participants typés, consentants, dépravés, cupides, de tout âge, de toute origine et classe sociale hantent chaque étape d’une enquête effrénée.
Et le milieu homosexuel, point de départ du récit eu égard à la propagation du SIDA, finit par se fondre avec d’autres pratiques dans un grand maelström libertin, reflet d’une société qui revendique la liberté sur tous les plans.
L’écriture précise, fouillée, colorée, teintée d’humour même dans la mort, demeure l’arme redoutable de Grangé pour éviter tout répit au lecteur qui attend impatient ... le tome suivant !
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Les cerisiers fleurissent aussi la nuit - Grand Prix du Romanesque 2025
Martine C le Vendredi 04-07-2025
Magnifique ouvrage très poignant développé autour de secrets de famille, dont le point de départ est la seconde guerre mondiale, lors de l'invasion japonaise en Chine.
Il traite d'un pan méconnu de l'histoire entre la Chine et le Japon. Ce livre développe les thèmes de l'adversité, de la filiation, de la résilience, du courage des femmes, de la folie humaine et de jusqu'où celle-ci peut entraîner l'être humain. L'auteur, sous sa plume, développe ces thèmes merveilleusement bien. L'amour et la vie triomphent de toute adversité.
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La lettre d'amour interdite
Martine C le Jeudi 10-07-2025
Typique de Lucinda Riley, la lettre d’amour interdite est un récit riche en rebondissements. Elle nous y dévoile progressivement les mystères, nous tenant en haleine jusqu’à la dernière page.
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Les Lotus d'or
Martine C le Mercredi 16-07-2025
Roman historique nous plongeant dans une époque où la coutume cruelle des pieds bandés, ou "pieds lotus d’or", était symbole de beauté, de vertu et d’un espoir de mariage honorable pour les jeunes filles. Le livre dépeint les subtilités de la vie en Chine à la fin de l’ère impériale et aborde les thèmes de la condition des femmes, des conventions sociales, de la vertu et de la quête de l’honneur familial.
Ce magnifique ouvrage nous montre la capacité de l’esprit humain à s’adapter et à survivre face à l’adversité.
Cet ouvrage m’a rappelé le livre "le palanquin des larmes" de Ching-Lie Chow paru en 1975 et réédité plusieurs fois depuis, la plus récente réédition datant du 24-06-2020 en édition de poche.
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Nous t'avons abandonné
Martine C le Mercredi 08-10-2025
Cette BD explore de manière sensible et pudique le thème de l’adoption d’enfants sud-coréens par des familles européennes. Ce second album nous donne le point de vue des parents biologiques Coréens. Les auteurs nous soumettent une rare approche de l’adoption en donnant la paroles aux parents biologiques de ces enfants confiés à l’adoption.
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