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couverture de : La patience des traces
Résumé : Psychanalyste, Simon a fait profession d'écouter les autres, au risque de faire taire sa propre histoire. À la faveur d'une brèche dans le quotidien - un bol cassé - vient le temps du rendez-vous avec lui-même. Mais le voyage intérieur devra passer par un vrai départ. Et c'est au Japon que Simon trouve refuge. Là, les rituels, le rythme des floraisons, l'ancestrale technique du kintsugi - l'art de réparer les objets brisés en sublimant les fêlures - vont lui réapprendre la confiance. Dans ce roman, salué par le prix Roman France Télévisions, Jeanne Benameur accompagne un envol, observe le patient travail d'un être qui chemine vers sa liberté et livre une ode d'une rare justesse aux silences et aux rencontres qui bouleversent.
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Se demande-t-on si les thérapeutes de l'âme humaine vont bien ?! Le récit de Jeanne Benameur nous instruit sur ce sujet Son protagoniste Simon Lhumain, psychanalyste, après des années de rendez-vous à écouter les autres, dans son fauteuil rendu inconfortable, décide devant l'une de ses maladresses anodines, un matin au petit déjeuner, de quitter son cabinet. C'est alors le plongeon pour lui, dans ses amours, ses pulsions, ses déceptions, ses amitiés. Les prénoms se succèdent : Louise, Lucie, Hervé, Mathieu ... Et les liens passés ou présents, les cicatrices, la colère, les pourquoi s'enchaînent. Or plus qu'une introspection confidentielle, c'est un départ vers le Japon qu'il s'arrogera. Le lecteur fait alors le lien entre le bol bleu brisé et la noble méthode nippone pour réparer la céramique, le kintsugi, et comprend la nécessité de Simon de réparer son âme face au bilan de sa vie. N'est-ce pas là, un artifice apprêté pour emmener le lecteur vers ce pays insulaire de traditions culturelles et cultuelles ? Simon, reçu par M et Mme Itô, respectivement céramiste et créatrice d'étoffes, aura tout le loisir d'en connaître les techniques, le respect des coutumes, la philosophie, la sagesse alors que le lecteur n'aura, lui, que la prose poétique certes mais lente et sans aspérités de J. Benameur pour rêver les îles japonaises de Yaeyama. Du reste le chant de la raie manta, la mangrove, les divinités qui protègent la nature, la transmission réussissent-ils réellement à panser les blessures intérieures de Simon, homme parmi les hommes qui a pourtant la chance et le luxe de pouvoir vivre son rêve sans véritable idée de partage ? Délicat dans la forme, artificiel et élitaire pour le fond.
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