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couverture de : Suite inoubliable
Résumé : ? En lui, la musique parlait français depuis qu'il l'avait vécue en France. En se livrant à la conversation avec Hortense, il avait la sensation d'interpréter un duo avec elle, sensation qu'il ne connaissait pas lorsqu'il s'exprimait dans sa langue maternelle, le japonais. ? Pamina est une jeune luthière brillante, digne petite-fille d'Hortense Schmidt, qui avait exercé le même métier au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Embauchée dans l'atelier d'un fameux luthier parisien, Pamina se voit confier un violoncelle très précieux, un Goffriller. En le démontant pour le réparer, la jeune femme découvre, dissimulée dans un tasseau, une lettre qui la mènera sur les traces de destins brisés par la guerre. Des mots, écrits à la fois pour résister contre l'oppresseur et pour transmettre l'histoire d'un grand amour, auront ainsi franchi les frontières et les années. Les histoires entremêlées des personnages d'Akira Mizubayashi, tous habités par une même passion mélomane, pointent chacune à sa façon l'horreur de la guerre. La musique, recours contre la folie des hommes, unit les générations par-delà la mort et les relie dans l'amour d'une même langue.
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Roman remarquable pour le fond : le sujet musical traité, la vision humaine, culturelle dans ce que l'homme a de plus noble mais aussi de plus barbare, la guerre et la transmission familiale . Pour la forme : extrêmement fouillée, documentée, sensible d'un écrivain japonais qui maîtrise la langue de Molière à faire pâlir nombre d'écrivains français ! Le récit commence en 1945, à Tokyo avec Hortense Schmidt, 36 ans luthière et Ken Mizutani, magicien du violoncelle et se termine en 2020 avec Pamina, luthière comme sa grand-mère et Guillaume Walter violoncelliste émérite, époux de Pamina. En réalité le protagoniste n'est-il pas le violoncelle en soi, ou les violoncelles, le Matteo Godffriller d'un luthier vénitien du XVIII°, le Pax Animae, construit à l'identique par Hortense ou le modeste Rei, fabriqué dans les tranchées par un simple menuisier sur un modèle de D. Montagnana, pour que le musicien- soldat puisse continuer à jouer ? Cette saga familiale passionnée par la musique de Bach, Beethoven en passant par Pablo Casals sublime l'instrument en le décomposant, le détablant, le remontant avec les détails des couleurs, du vernis, des tasseaux qui serviront de cache à messages, véritable bouteille à la mer.. Sa fragilité et en même temps sa perfection acoustique, la beauté visuelle, qu'il offre pour les images qu'il évoque. Toute la partie musique (concert, compositeurs, morceaux) s'adresse plutôt à une élite très entendue, exercée dans l'art de cet instrument. La partie concernant les différents personnages, le côté générationnel démontre aussi que l'univers n'est pas si grand et que le hasard des rencontres peut s'avérer élevé, passionnel et produire l'excellence. Petit bémol toutefois, Akira Mizubayashi n'a-t-il pas un goût excessif pour la perfection au point d'étirer en longueur certaines de ses descriptions, ou la pratique d'une langue étrangère ne le condamne-t-il pas à exprimer ce qu'il pourrait seulement suggérer selon l'éthique et la philosophie de ses origines asiatiques où la pudeur et la maîtrise de la parole sont de mise ?
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