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couverture de : La Femme qui ne vieillissait pas
Résumé : Betty a 47 ans et réalise qu'elle ne voit pas son corps prendre de l'âge : elle n'a pas de rides ni de cheveux blancs. Un roman sur la peur de vieillir.
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Histoire doublement inattendue. D’une part parce que Delacourt n’a pas habitué le lecteur à cette situation particulière d’une femme qui scrute sa vie, d’autre part parce que le -je- narrateur est bien Martine, alias Betty. La famille, sa propre famille principalement, est un thème rituellement évoqué et pour des raisons douloureuses. Ici le point de vue surprend d’autant plus que la famille Delattre semble, au-delà des circonstances qui la caractérisent, respirer la sérénité, la confiance, le bonheur en somme. Mais Delacourt prend le contre-pied du cours de la vie : son héroïne ne vieillit pas. Rien en commun avec « La voyageuse de nuit » de Laure Adler ! Nous savons tous que l’âge qui passe ne marque pas l’homme et la femme de façon équitable et qu’avec la doctrine exacerbée actuelle du jeunisme, celle-ci n’est plus regardée, n’est plus acceptée dans certaines professions, certains rôles. (« Vieillir c’est voir se réduire notre place sur la terre, se rabougrir nos ombres » p. 120) Les chercheurs en cosmétologie et les chirurgiens plastiques s’en délectent d’ailleurs ! Comment ce passage des ans se vérifie-t-il ? Un ami photographe, Fabrice la prend au rythme de 33 photos toujours dans la même attitude, jusqu’à ses 63 ans et alors que sa meilleure amie Odette doit recourir à des artifices, le temps semble ignorer Betty. Pourquoi ? Peut-être parce que le souvenir idéalisée d’une mère très belle, décédée alors qu’elle avait 13 ans, sublime toute son existence, ou simplement parce que la vie avec André son époux ébéniste-designer, son fils Sébastien, son emploi à la Redoute, la satisfait. Le récit serait presque un long fleuve tranquille, si un grain de sable ne s’immisçait pas, mais l’on pose ce livre apaisé face à des évidences, à une philosophie de vie simple, admise, sans animosité. Et avec l’idée que cette recherche à tout prix d’une apparence parfaite est parfois aussi contreproductive. C’est là peut-être une clé du bonheur, du moins pour Betty. L’être ou le paraître, that’s the eternal question ! Le lecteur avide de sensations fortes, d’ambitions jamais satisfaites, de polémiques ombrageuses doit impérativement choisir un autre livre !
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