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couverture de : La Couleur des mots
Résumé : Ecrivain et artiste peintre, T. Ben Jelloun évoque son travail et ses sources d'inspiration, depuis son enfance à Fès jusqu'à Paris où sa curiosité inextinguible lui fait découvrir Giacometti Matisse, Coltrane ou encore Michaux. Electre 2022
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Couverture haute en couleurs, formatage particulier du texte ponctué de phrases illustrées, de frises, d’arabesques et de reproductions de tableaux personnels légendés. Tahar nous surprend en nous invitant à le suivre agréablement dans un livre intime et révélateur d’autres talents que l’écriture pour laquelle le lecteur le suit depuis des années. Son enfance modeste à Fès, entre un père vendeur d’épices et une mère fusionnelle, une santé délicate, l’adolescence. L’histoire, aussi, sous protectorat français, 19 mois de camp disciplinaire, les années de plomb contre Hassan II, les manifestations 1971 et la fuite vers Paris. Une foultitude d’images réapparaît dans son esprit et son cœur, imprégnées de couleurs, dominées par le bleu avec Tanger et cet horizon inoubliable, où la calligraphie apparaît en substrat. Le gris de Paris sera l’occasion de publier ses premiers poèmes et surtout d’assouvir sa passion pour le cinéma : Kurosawa, Godard, Resnais, Hitchcock, Visconti et la découverte de musées. Son œuvre se transforme alors en une course effrénée où s’entremêlent librement littérature, avec Genet, Artaud, Rimbaud, par exemple, musique jazz avec Billie Holiday, sculpture avec Giacometti, peinture avec Van Gogh, Pignon-Ernest, Caravage, pour nous conduire à sa propre peinture tue jusqu’à présent. Il ose enfin se libérer. « Je cherche à atteindre cette lumière dont nous avons besoin pour vivre et ne pas désespérer » p. 175 ou encore « L’Art n’a pas besoin d’être expliqué » p.158, comme dans un profil d’humilité ou pour se justifier d’un talent que le commun des lecteurs ignore. Et ce lecteur est alors pris dans un tourbillon culturel frénétique et chaotique, dans un voyage imposé entre ses origines, Paris, Matera, NY, Dubaï, en quête d’un maximum d’explorations. Assouvir son immense curiosité, ne rien manquer. Avec cette étrange sensation que le temps fuit et ne sera pas suffisant pour tout découvrir, qui peut même évoquer en transparence un récit quasi testamentaire. « J’aspire à la paix intérieure » p.179 en est peut-être l’expression laconique.
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Ce roman n’est pas un roman classique, mais plutôt un voyage intime et esthétique. Dans cet ouvrage, l’auteur délaisse un instant la plume purement narrative pour explorer son autre passion : la peinture. Le thème central du livre est le dialogue entre l’écriture et l’image. Si l’écriture est souvent perçue par l’auteur comme une souffrance ou une discipline exigeante liée à la douleur du monde, la peinture est pour lui un espace de liberté totale et de joie. Il explique que là où les mots s’arrêtent, la couleur prend le relais pour exprimer l’indicible. C’est un livre sur la solitude de l’artiste et sur le besoin vital de créer pour conjurer la mélancolie. La couleur des mots est un témoignage lumineux sur la créativité.
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