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couverture de : Le passager

Notes : Je suis l'ombre. Je suis la proie. Je suis le tueur. Je suis la cible. Pour m'en sortir, une seule option : fuir l'autre. Mais si l'autre est moi-même ?...Grangé a le chic, en construisant avec une minutie d'horloger son intrigue au long cours, de rendre crédible ce que son imagination débordante invente de façon totalement débridée. Bravo l'artiste ! Blaise de Chabalier, Le Figaro littéraire. Diaboliquement construit suivant le principe des poupées russes, Le Passager se dévore avec un mélange d'effroi et de jubilation. Grangé explore la frontière ténue qui sépare la raison de la folie. Celle floue entre le bien et le mal. Il nous entraîne vers des abîmes d'autant plus angoissants qu'il les a puisés dans l'ordinaire - à peine exagéré - de la société contemporaine et ses dérives.
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Plus de 700 pages, « à la Grangé », alternant les chapitres entre l’inspectrice Anaïs, opiniâtre au passé certainement violent mais énigmatique, et le protagoniste Mathias Freire, psychiatre dans une unité hospitalière bordelaise difficile où épilepsie, schizophrénie, addictologie, paranoïa, TOC, animent son quotidien de praticien. Le lecteur adhère immédiatement à la quête du soignant en lui accordant une attention et une confiance indéfectibles, persuadé de pénétrer les méandres complexes du cerveau humain, comme Grangé sait les sonder. Puis peu à peu le personnage de Mathias devient plus ombrageux, solitaire et le brouillard extérieur doublé de l’irruption d’un « cow boy » MISCHELL, produit un brouillard intériorisé qui déclenchera une série de recherche d’identités. Et l’intrigue échevelée, multiforme, va tracer son chemin en déplaçant géographiquement, socialement, voire physiquement, le lecteur qui plongera dans des milieux totalement divers des SDF enkystés à Marseille, à d’autres zonards à Paris, un artiste fortuné sur la Côte d’Azur, etc. En fait, le patient amnésique dont s’occupait Mathias en début de récit rejaillit en écho et même en boomerang sur Mathias lui-même qui, au fil des questionnements sur ses patients, va chercher à découvrir ses vies antérieures. Il n’aura de cesse jusqu’à la fin du livre et dans des conditions extrêmes, violentes, pouilleuses, toujours très construites, de connaître son propre passé. Ainsi véritable « poupée » russe, il remontera ses 4 ou 5 identités successives. Peut-être qu’à trop vouloir laisser aller son imagination débridée, déstabilisante souvent, Grangé touche à l’improbable voire à l’inconcevable. D’autant que la p. 748 semble ouverte ! L’enchaînement reste haletant, féroce, alliant polar psychologique extrême et aventures humaines hors du commun.
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